Gene Lees, le chroniqueur du jazz… et compagnie

D’abord merci à tous. Nombreux vous vîntes et nombreux vous cliquâtes sur la plupart des deux pages de ce nouveau blog, faisant exploser les statistiques (oui, bon, je partais de zéro, c’était facile…) et surtout faisant apparaître le blog en bonne position sur Google, par quelque magie cybernétique. On me dit qu’il faut s’en réjouir! Je m’en réjouis. Bon… il n’y a plus qu’à fournir, désormais… Ne pas décevoir mes millions de lecteurs.

Sur mon bureau, là, juste à gauche de l’écran, cette photo de Gene Lees. Alors qu’il s’agit donc, désormais, de fournir, si possible régulièrement, quelques images et quelques chroniques pour ce blog nouveau (si nous étions dans le grand nord, je dirais « le blog gelé nouveau est arrivé », mais bon, hein, nous n’y sommes pas, alors je m’abstiens de faire ce jeu de mots laid), j’aimerais m’inspirer de ce grand homme qui vient, hélas, de disparaître.

Gene Lees (1928-2010), à Toronto en novembre 1995

Gene Lees le Canadien, Américain d’adoption pendant plus de cinquante ans, a écrit mieux que quiconque sur le jazz et les musiciens de jazz (principalement, mais, en bon ancien journaliste curieux de tout, il lui arrivait également d’évoquer moult autres sujets). Lui-même était musicien, chanteur, parolier, auteur de chansons, traducteur des chansons d’Antonio Carlos Jobim. Il a traversé l’histoire du jazz en en fréquentant professionnellement et amicalement les représentants les plus illustres (et les plus obscurs aussi, sans distinction). Rédacteur en chef du magazine spécialisé Down Beat, à New York, pendant dix ans, puis auteur auto-publié de sa géniale « JazzLetter », le tout en parallèle de sa carrière musicale, il a véritablement vécu le jazz de l’intérieur, et écrit des chroniques sincères et bouleversantes de ce phénomène musical unique et si attachant. Ces chroniques ont été publiées, en de nombreux volumes, par les presses universitaires d’Oxford et Cambridge, mais n’ont jamais été traduites en français…

J’aime tant et tant ses récits, ses portraits, ses histoires simples et authentiques, qui se lisent comme de la fiction et nous donnent à découvrir et aimer encore et toujours les musiciens qui ont créé et fait vivre le jazz, en artisans aussi doués que modestes. En bonne place sur l’étagère au-dessus de mon bureau, quelques uns de ses volumes, aux titres magnifiques : « Meet me at Jim and Andy’s »; « Cats of any colour : jazz black and white »; « Singers and the song »; « Waiting for Dizzy »; « Friends along the way »; You can’t steal a gift »; « The will to swing » (biography d’Oscar Peterson); « Leader of the band » (biographie de Woody Herman)…

À l’heure de rendre l’âme il mettait la dernière main à sa biographie d’Artie Shaw… Il avait, paraît-il, toujours un verre de Bordeaux à portée de main. Et à l’évidence, à portée de plume, une insatiable curiosité pour les hommes et les arts qu’ils s’inventent et qui les élèvent, des opinions en fer forgé sur la musique (il détestait le rock, par exemple, et savait dire pourquoi), et des réserves inépuisables de tendresse pour les musiciens de jazz, ses pairs, qui l’aimaient comme un des leurs.

Je retrouve la même saine curiosité, la même clairvoyance, le même enthousiasme communicatif, les mêmes talents de raconteur, dans un tout autre domaine, chez Bill Bryson, principalement connu pour ses écrits de voyages, que vous connaissez peut-être mieux que Gene Lees…

Puissent ces deux géants me guider quelque peu sur les chemins de la blogosphère…

© Loïc Seron – 17 juin 2010

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