Blaise et le merle

Ce soir comme chaque soir le merle balance ses trilles enchanteurs depuis la cheminée de la maison d’en face.

Dans le ciel, dans les arbres, un peu partout, quelques centaines d’oiseaux ne lui répondent pas, ne chantent pas en chœur avec lui, mais vivent leur vie, volent, chantent, m’enchantent.

De je ne sais où monte une odeur de feu de bois.

Ces jours-ci un journal très sérieux annonce que

Dans la cohue des soldes l’amour se fraie un chemin tortueux.

Avec la douceur du soir je pense au bon Cendrars, qui se souvient (dans Le lotissement du ciel), avoir écrit un jour :

Le seul fait d’exister est un véritable bonheur…

Cendrars, le merle moqueur à la Prévert, Doisneau qui fait le lien (« combien de fois encore verrai-je refleurir les merveilleux marronniers du boulevard Arago? »…), on est en bonne compagnie. La photo, l’observation des êtres, la musique, l’amour, la vie… toujours surprenante, toujours recommencée.

Cerisier des Cévennes - mars 2009

© Loïc Seron – 30 juin 2010

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3 commentaires pour Blaise et le merle

  1. Christel dit :

    J’adore ton blog!
    Christel

  2. Arno dit :

    A ce que je vois, on taquine un peu le goulot sur sa terrasse et sous la chaleur écrasante de ce début de canicule annoncée et on en devient poète (pouet).
    Le bonheur c’est simple comme un rayon de soleil, un oiseau qui chante et un bourgogne millésimé…

  3. Muriel dit :

    Oui, il y a l’heure du merle, à ces deux moments de la journée, tôt matin, ou juste avant la brune, quand le jour triomphe de la nuit, quand le jour résiste à la nuit. Un oiseau noir de lumière. Il y a une vocation théâtrale chez le merle, seul sur un tréteau de fortune, il clame comme une diva, cède aux paparazzi, et puis s’en va. Il y a une vocation monacale chez le merle, perché tel un stylite, sur sa colonne solitaire. Et puis, oui, il y a le merle blaise, celui qui accroche le sourire aux lèvres des hommes.
    En d’autres moments de ces sacrées journées, je ris avec les martinets.

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