Richard Desjardins… enfin!

Toronto, septembre 1992. Je débarque à Glendon College, la petite faculté bilingue de l’immense York University, pour poursuivre mes études d’anglais entamées en France. Les cours y sont dispensés dans les deux langues officielles du Canada. D’où la présence, rare par ailleurs en Ontario, d’étudiants québécois (les Tremblay, Coté, Baillargeon et compagnie — si chaleureuse compagnie) dont je découvre le formidable accent avec délice. Chez l’un d’entre eux, jeune intellectuel barbu, intense et érudit, à quelques couloirs de cité universitaire de ma petite chambre, je lis un jour ces deux vers, écrits à même le mur à grands coups de marqueur :

« Peu importe comment le décor te programme / C’est toujours les tropiques quand tu aimes une femme » (Akinisi)

François Lizotte — c’est son nom, où est-il aujourd’hui?… — me renseigne : c’est une citation d’un auteur-compositeur-interprète québécois, Richard Desjardins, qui, avec ses deux premiers albums solo, s’est récemment imposé parmi les plus grands. Lizotte m’en parle avec passion, des étincelles plein les yeux. Quelques semaines plus tard, il signe dans le journal du campus un article intitulé « Les derniers humains… enfin! », pour saluer le réenregistrement du premier album du chanteur à la Chapelle du Bon-Pasteur, à Montréal.

Je me procure les deux disques : Tu m’aimes-tu et Les derniers humains. Les écoute en boucle. L’année passe. Je rentre en France, repars à Toronto, y reste deux ans. En 1997-1998, je passe une nouvelle année au Canada. Je découvre un nouvel et jubilatoire album de Desjardins, Au club Soda, enregistré devant un public montréalais déchaîné. Je le connais bientôt par cœur. Cet hiver-là, tandis que les « tempêtes de glace » paralysent la région, je passe mes fins de semaines à danser le rock ‘n’ roll comme un fou sur ses chansons avec mes nouveaux chums de Montréal, et nous passons le cap de la nouvelle année en chantant Le chant du bum à tue-tête — en tâchant tant bien que mal, pour ce qui me concerne, d’imiter l’inimitable accent de nos cousins de Nouvelle France.

En 1999, une tournée de Desjardins l’amène en Normandie. J’assiste au concert avec des amis. Prends quelques photos pendant le spectacle. Concert magnifique, est-il nécessaire de le préciser?… Nous découvrons les chansons du nouvel album, Boom Boom, d’une bouleversante poésie, parmi lesquelles le remarquablissime Lomer, écrit en hommage « à la Frenchie Villon »… Après le départ des derniers fans, j’aborde le bon Richard et lui demande si je peux le prendre en photo. Il accepte. Je déclenche deux fois. L’une des deux photos deviendra le tout premier d’une longue série de portraits d’artistes, que je commencerai à exposer en 2007. Nous bavardons quelques minutes. Je ne sais pas que je devrai attendre douze ans pour le revoir.

La vie avance. Toujours ses chansons m’accompagnent. Le temps ne fait qu’accentuer la profondeur de leur imprégnation en moi. Comment dire l’effet qu’elles me font, à part à inviter chacun à se plonger dans leur univers bienfaisant, intemporel, débordant d’humanisme? Bien en peine de me livrer à une analyse en règle de la poésie unique de Desjardins, je ne peux qu’en évoquer la simplicité fulgurante des images; la proximité respectueuse et harmonieuse avec la nature; la révolte saine et la conscience toujours debout et vigilante; les emprunts délectables à la langue anglaise; le rythme si particulier de la langue québécoise…

Ça fait cinquante ans aujourd’hui

qu’les blokes sont icitte pour le cuivre

Nous aut’, un peu plus pour survivre

comme les lièvres qui courent la nuit.

[…]

La misère noire, c’pas drôle à voir

Envoye dans l’bois, ça presse,

une poche de fleur*, une canne de graisse

(*un sac de farine, « pouch of flour » en anglais…)

(Les Fros)

 

Quand j’étais sur la terre

Sous-locataire

D’un kilo de futur

Des monsieurs incomplets-veston

M’ont invité à une grande déception

(Va-t’en pas)

 

J’entends la fonderie qui rush

Pour ceux qui l’savent pas

On y brûle la roche

Et des tonnes de bons gars

(… Et j’ai couché dans mon char)

 

Le velours de tes bras

Le coton de tes bras

Quand tu les ouvres

Et que tout est facile

Lucky! Lucky!

D’en arriver là

Comme un bateau

Qui arrive au Brésil

(Lucky! Lucky!)

 

Pousse le matou dehors

c’est à soir que tu sors

laisse tout’ ça là,

viens voir le monde,

le monde veut t’voir,

un peu d’amour

ça t’fera pas d’tort.

Laisse une lampe allumée

le voleur pourrait s’enfarger.

(Boomtown Café)

 

L’an deux mille,

l’an deux mille cash,

L’adn, l’adn, l’adn of the world.

Le cimetière, le cimetiers-monde drett’ dans l’dash

Y a-tu d’la vie sur terre?

(Charcoal)

 

Adieu la Terre, tant si bonne,

qui tant d’eau froide m’a fait boire.

Adieu Humains, qu’on me pardonne

si je ne laisse que mon histoire.

(Lomer)

 

Où as-tu mis ton cœur?

À la loterie, chez tes copains de bruit?

Dans quel taxi?

Où as-tu mis ton cœur?

Tu es parti, propre, propre

comme un poignard

lavé.

(Où as-tu mis ton cœur?)

 

Mais ‘va-tu toujours y avoir

de l’eau dedans mon vin,

‘va-tu toujours y avoir

que’que’chose  en moins

quand tout c’que t’as c’t’une tranche de pain?

Quand le vent souffle, moi j’sais

d’où c’est qu’ça vient.

Y en a qu’ont tout’ pis tout’ les autres, y ont rien.

Change-moi ça.

(Y va toujours y avoir)

 

La pépite au fond du tamis,

seul avec elle dans le motel.

Fantastique, fantastique et demi,

l’amour chez les mortels.

(Dans ses yeux)

 

… mais il faudrait tout citer…

 

En février dernier, j’apprends par hasard que Desjardins passe dans la région avec un nouveau spectacle solo. Grâce à la gentillesse de l’équipe du Trianon Transatlantique de Sotteville-lès-Rouen, j’obtiens la permission de faire quelques photos du spectacle. Émotion et gorge nouée à entendre en direct (par les oreilles et par le viseur du Leica!) Boom Boom, Lomer et Boomtown Café, avec lesquels Desjardins commence son tour de chant. Émotion brute maintenue jusqu’à la toute dernière chanson, Jenny, extraite du dernier album, Kanasuta, dont l’extrême simplicité n’a d’égale que la force extraordinaire.

Ton cœur toujours là à m’attendre

indulgent comme une mère de tueur.

Oh Jenny! ma lueur.

J’pas fort en affaires comme ceux qui volent avec leurs plumes,

je n’ai que ma sueur pour toute fortune.

J’te donnerais tout c’que j’ai mais faudrait encore une fois

m’en aller l’emprunter.

[…]

C’te christie d’vie je l’ai d’travers. C’est ben ça l’mystère.

Comment t’as fait’ pour me rendre heureux?

(Jenny)

 

À la fin du spectacle, j’échange quelques mots avec Desjardins. J’ai apporté un petit livre, ses Paroles de chansons, acheté à Montréal en 1997. J’ai glissé dedans la photo prise en 1999. Je lui demande de me dédicacer le livre. Il l’ouvre, tombe sur la photo… Je lui explique d’où elle vient, la lui offre, bien sûr. Sourires, et une bonne poignée de mains avant que chacun ne reparte sur son chemin.

J’ai eu le temps de glisser à Nancy, son assistante et éclairagiste, que j’aimerais bien faire un nouveau portrait de Richard. Adorable, chaleureuse, spontanée (je pourrais juste dire : Québécoise), elle plaidera ma cause auprès de lui et, quelques jours après, m’invitera à les rejoindre en région parisienne un mois plus tard au moment de la balance : j’aurai dix minutes pour faire toutes les photos que je voudrai.

Le 10 mars, à Savigny-le-Temple, j’assiste à la balance, puis Desjardins, fidèle à sa parole, se laisse photographier, sans manquer de me dire qu’il a horreur de ça! Je n’en mène pas large… Je lui propose de s’installer à un piano, dans le hall du théâtre. Ça tombe bien, dit-il, il a une mélodie à travailler. Je fais quelques photos.

Il termine sa chanson, et je l’entraîne vers un mur de briques, sous une verrière. Trois ou quatre photos. Le trac est revenu, je ne maîtrise pas parfaitement l’appareil 6×6, je suis fébrile. J’ai peur de faire une mauvaise mesure de la lumière. Le temps accordé touche à sa fin… Nous sortons pour faire les dernières photos. Je finis ma pellicule 6×6, et clic et clique à tout va au Leica pour la sécurité, le temps d’une cigarette. Je suis en sueur, et pas content de moi.

Ensuite, c’est bye bye, puis retrouvailles le soir pour le concert, sans photo cette fois-ci. Je déguste une nouvelle fois les mots du Villon québécois contemporain… en savoure le parfum puissant…

Charme et lenteur de la photo argentique… Je récupère les pellicules développées deux semaines plus tard. Je constate que les portraits faits à l’extérieurs sont plutôt banals, mais, ô heureuse surprise, que l’une des photos prises devant le mur de brique est exactement ce que je rêvais de faire… Je retrouve mon cher Desjardins tel qu’en lui-même, détendu et intense et donnant tout, l’espace d’une fraction de seconde : toute sa poésie et toute sa musique et sa douceur et sa mélancolie, et sa fatigue, et sa détermination, et sa sincérité, et plus encore.

Bientôt vingt ans après la découverte de ses mots, sur le mur de la chambre de Lizotte, et de ses premières chansons… Crisse de tabarnouche, vingt ans?!?…

Douze ans après la première photo…

Richard Desjardins… enfin!

En attendant la prochaine fois, bien sûr…

Merci, Richard.

Merci aussi à Nancy, Stéphanie, Suzie… et François!

© Loïc Seron – www.loicseron.com – 01 avril 2011

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« À suivre… » : une nouvelle exposition, à Rouen du 8 mars au 2 avril

Voici un assemblage inédit de photos de très diverses provenances, regroupées sous l’appellation « À suivre… ». Trente photographies — dont la plus ancienne date de 1992 et la plus récente de quelques semaines — qui, réunies sur un même mur, bien serrées les unes contre les autres, provoquent en moi d’innombrables télescopages, associations, recoupements, résonances… Et j’espère très fort que ceux qui les verront ainsi disposées percevront le petit fil rouge qui les relie les unes aux autres, ne serait-ce que dans la somme des univers, des paysages et des déambulations qu’elles évoquent.

L’exposition sera visible jusqu’au 2 avril à la librairie Polis, à Rouen, dont la devise est « Des livres / la ville ». Partant de ces mots qui ont le don d’instantanément m’envagabonder l’imaginaire, j’ai composé un petit mur d’images fait de paysages et de portraits. Paysages de villes, de Sulina (Roumanie, au delta du Danube) à New York en passant par Venise, Paris, Harar (Ethiopie), La Havane, les côtes normandes… De quoi, je l’espère là encore, s’émerveiller de l’infinie polysémie du mot « ville ». Et des portraits d’écrivains, de poètes, de gens singuliers et indispensables qui font métier de nous donner à lire, à voir, à rêver, à chérir ces merveilles d’objets que l’on appelle « livres » et sans lesquels le bonheur sur terre serait quand même nettement moins bonnard, pour reprendre la réjouissante expression des helvètes compères Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, voyageurs magnifiques dont je suis en train de me délecter de la copieuse correspondance… En prime, quelques photos de musiciens de jazz bien sûr : des dont la vie est un roman (salut, Alain Gerber!), figures légendaires, quasi-mythiques, qui ont passé leur vie dans les clubs et sur les routes dans les interminables tournées… de ville en ville.

Voilà donc… J’aurais aimé pouvoir en mettre dix fois plus… ce sera pour une autre fois… Le foisonnement de mes curiosités, appétits, velléités photographiques ne se dément pas et trouve naturellement son unité dans la diversité de la vie… Chaque photo naît du désir de « chiper à l’éternité », comme disait Doisneau, quelques fractions de secondes où se présente sous nos yeux quelque scène harmonieuse et signifiante. Et elle est surtout le prélude à la suivante, puisque, bien sûr, la meilleure photo est celle qui reste à être prise… C’est pourquoi j’ai choisi ce titre qui me plaît bien, littérairement et photographiquement : « À suivre… »

L’expo commence demain, mardi 8 mars (voir les horaires de la librairie sur l’affiche reproduite ci-dessus).

Vernissage le vendredi 18 mars à 18h. J’espère vous y retrouver!

© Loïc Seron – http://www.loicseron.com – 07 mars 2011

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Divers d’hiver : émois de décembre et janvier…

En vrac, sans long discours, pour le plaisir du partage, manière aussi de procrastiner à l’approche d’une très prochaine exposition rouennaise sur laquelle je devrais être en train de travailler (détails bientôt ici et ou sur la page actualités du site), quelques photos prises au tournant de l’année, d’un côté (décembre dix) ou de l’autre (janvier onze). On me fait remarquer qu’à la prise de vues la recherche graphique dans le cadrage semble me préoccuper de plus en plus. C’est vrai, et c’est une recherche infinie, réjouissante et extrêmement stimulante! Doisneau avait une théorie qui voulait qu’une bonne photo peut être réduite, si l’on en simplifie les lignes, à un chiffre romain… Je ne sais pas si cela est applicable même aux siennes!… Mais c’est amusant…

Donc. Des arbres encore et toujours… en ville…

Parc Bordelais - Bordeaux - décembre 2010

… en bord de ville… quand la neige transforme le paysage…

Bois l'Archevêque - Mont St Aignan - décembre 2010

On est loin du névé « coulée de lave » de Jean Gaumy dans son récent et prodigieux « D’après nature » — photo également visible dans le Photo Poche paru en 2010 sous son nom) — mais la neige est pareillement embrumée et comme luisante d’elle-même…

Bois l'Archevêque - Mont St Aignan - décembre 2010

Arbre seul parmi tous les autres… le tout dans ce plus ou moins bas monde étant de trouver sa place…

Bois l'Archevêque - Mont St Aignan - décembre 2010

Arbre par la fenêtre…

Non loin de la disparue Vénus... Bordeaux - décembre 2010

Arbres de premier plan et arbres d’arrière-plan, en pleine campagne sous un soleil glorieux…

Pays de Caux - janvier 2011

Arbres et leurs mini-rivaux…

Pays de Caux - janvier 2011

Arbres en ombres sur la rivière de route…

Pays de Caux - janvier 2011

Arbre et son poteau dans une courbe parfaite…

Pays de Caux - janvier 2011

Arbres on ne peut plus cauchois…

Clos-masure – Pays de Caux – janvier 2011

Alors, ces chiffres romains?…

 

Pour finir, toujours au hasard des photos récentes, quelques villes où il fait toujours bon marcher, marcher, marcher, l’œil aux aguets, en attente d’émotion…

Entrée du métro - Place du Palais de Justice - Rouen - janvier 2011

Car indépendamment de tout « travail » de recherche graphique…

Port des ferries - Le Havre - janvier 2011

… chaque photo est un émoi, finalement…

Quartier St François – Le Havre – janvier 2011

… petit ou grand…

Rue des Tournelles - Paris 4me - janvier 2011

… non?…

Place de la Bastille - Paris - janvier 2011

Oui!…

© Loïc Seron – 25 février 2011

Le site est là :  www.loicseron.com

Le bouton sur lequel cliquer pour s’abonner au blog et recevoir un mail à chaque nouveau billet : c’est tout en haut à droite de cette longue page, sous le bandeau-photo…

Et le moyen de partager ces photo-pérégrinations avec tous vos amis, ici :

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Biophiles, évidemment : Jean-Marc Quillet, Clément Landais

De la pointe du crayon sur le minuscule atlas de son agenda de poche, Jean-Marc Quillet, poisson dans l’eau du vaste monde réduit à la plus petite des échelles, indique avec précision les destinations orientales dont il est familier. Nous sommes attendant le cassoulet avec saucisse de Morteau — menu du jour fort opportun : le froid dehors et l’appétit dedans sont grands — , attablés dans le recoin d’une brasserie de la rue Verte, tout près de la gare de Rouen. Corée du sud, Taïwan, Chine, Japon, Vietnam… Il parle de tous ces bouts du monde, des gens que l’on y rencontre, des arts qui s’y pratiquent, du théâtre et des musiques qui s’y jouent, comme il peut parler de Rouen, de Paris, de Besançon, sa nouvelle ville d’adoption, ou d’un village du pays de Caux, ou encore des mondes imaginaires de Shakespeare, d’Ariane Mnouchkine, ou de Laurent Dehors : en autochtone, en connaisseur intime et modeste. Sans pour autant bien sûr en faire plus qu’un plat du jour simple et excellent… qui arrive justement. Où qu’il soit, où qu’il aille, il fait partie de la famille, il parle la langue, il est à l’aise, puisqu’il est humain, pardine, comme tout le monde, et en vie, et aimant la vie! Le temps de dévorer nos assiettes, nous faisons de beaux et passionnants voyages… d’où ressortent, comme autant d’évidences, la richesse de l’ouverture aux autres et à toutes les formes d’art; la nécessité de toujours se mettre en position d’apprendre, de découvrir; celle aussi de ne jamais se prendre trop au sérieux…

Le quai de la gare, où quelques minutes plus tard il « met au train » une amie sur le départ, est propice à quelques déclics du genre carré…

C’est là que Jean-Marc Quillet, musicien, homme de théâtre, cuisinier, philosophe, grand sage potache et bon vivant — j’en passe car je suis loin de tout connaître de lui — , m’explique en deux mots une théorie entendue sur France Culture dans la bouche de Michel Onfray, qui l’empruntait lui-même à quelque autre penseur, et qu’il a fait sienne instantanément : celle selon laquelle l’humanité se divise en biophiles et en thanatophiles. Eh oui! On aime la vie, ou on ne l’aime pas, intrinsèquement. On l’aime et on en jouit et on fait de chaque parcelle de vie un enseignement, un pas de plus vers la sagesse, ou on la subit en y trouvant toujours quelque chose à redire, en trouvant toujours une raison d’en souffrir.

Inutile de préciser dans quelle catégorie se place résolument notre bon homme…

Quelques minutes plus tard, un peu plus haut sur la colline, au cœur de son antre, de son monde unique et universel, parmi d’infinis trésors de livres, disques, films, dossiers, notes en tous genres, photographies, affiches — dont chaque élément est une invitation à aimer la vie… à en célébrer la richesse, le mystère, la profondeur…

On est bien, là, au milieu de toutes ces civilisations, de toutes ces cultures, de tous ces esprits qui nous tirent vers le haut… et qui ont trouvé ici un point de rencontre singulier et chaleureux. Il est bon d’imaginer toutes les parcelles de vie qui ont construit cette pièce, en y apportant l’un après l’autre ces livres, ces masques, ces photos et ces souvenirs; toute cette matière à rêverie, à tolérance, à plaisirs mille fois renouvelés…

Et merci, Jean-Marc, de nous offrir des ouvertures sur tous ces mondes… Des mondes apaisants et bienfaisants que je ne peux ici qu’effleurer… Je vous laisse le soin d’aller plus loin : www.jean-marc-quillet.net

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Cette seconde série de photos, je l’associe d’autant plus volontiers que les deux lascars se connaissent bien et se sont souvent fréquentés sur scène (et dans la vie, et à table aussi!) :

Le deuxième jour de l’an neuf (l’onze, je veux dire), je me suis rendu chez Clément Landais, contrebassiste et compositeur et jazzman et homme de théâtre et compagnie — là aussi, il est difficile de faire le tour du personnage en quelques mots, et tant mieux!… À pied, pied sur l’épaule et sac photo au bout du bras, par les rues calmes du flanc du côteau. Nous avions convenu que, pour contribuer à dissiper les brumes du réveillon dans lesquels nous flottions encore quelque peu, nous tâcherions de nous concentrer sur la confection artisanale et amicale de quelques portraits… Dans la maison, la lumière était faible… Il fallut pousser l’éclairage et la pellicule… Et la mise au point — manuelle, bien évidemment — ne fut pas, pour chacune des douze vues du film, la plus aisée des tâches. [Acute matte, certes, mais stygmo is good for you aussi! — message personnel à monsieur H.]

La « séance » fut très agréable. Nous devisâmes de conserve, paisiblement, fîmes quelques photos sous le toit dans la lumière déclinante, puis avec un petit spot en renfort (allez, vingt watts…) dans la minuscule salle de travail aménagée sur un palier, qui, malgré son exiguïté, contient tout le confort moderne : quatre murs, une porte, une contrebasse. Que demander de plus, puisque le talent, la volonté et l’exigence y entrent avec le musicien qui vient quotidiennement y travailler son art?…

J’avais conscience que les conditions étaient très délicates : lumière, manœuvres du pied limitées, manque de recul, etc. C’est pour ça peut-être que je n’ai pas vu qu’un fluide très naturel passait entre le photographeur et le photographié. Que les images s’enchaînaient très facilement, que les idées de cadrage et de « mise en scène » venaient avec évidence — une mise en scène réduite à sa plus simple expression bien sûr : j’ai horreur des concepts et préfère que les choses se fassent d’elles-mêmes, dans la sponténéité de l’échange.

Bref, ce fut une excellente et heureuse surprise, passée l’attente d’une dizaine de jours (le temps que le négatif soit développé, la planche contact tirée), que de découvrir douze bonnes photos sur douze… Et d’y trouver tant de sentiments, tant d’émotion. Entre nous, ça ne me surprend pas du tout, mais c’est un plaisir de voir ça exprimé (imprimé…) si finement sur la pellicule.

 

Le regard sur la colline qu'il contemplait d'ennui pendant les années lycées...

Ceci n'est pas une pipe (hommage à Claude Chabrol).

La moralité de cette histoire, c’est que certains appareils et objectifs et pellicules donnent le meilleur d’eux-mêmes dans les conditions les plus adverses, ce qui me rappelle une réflexion de Depardieu (dans son livre Lettres volées, je crois) sur la vigne, qui exprime les saveurs les plus riches et les plus subtiles sur les sols les plus hostiles. Certains appareils… et certains êtres aussi, bien entendu…

Quant au plaisir de partager, à l’issue d’un sympathique et fructueux échange photographique, la fin d’une bouteille de meursault rouge, puis, quelques semaines plus tard, une pleine bouteille du même vin… il n’a d’équivalent que la certitude qu’il y en aura d’autres encore, bues ensemble, en toute biophilie, ça va de soi!

http://www.myspace.com/clementlandais

(Tiens, j’en connais un autre qui peut débarquer à l’improviste avec un carton de trois bouteilles de années différentes, « pour que tu te fasses une idée »… Et tiens, il est également contrebassiste… étonnant, non?…)

 

© Loïc Seron – www.loicseron.com – 11-12 février 2011

 

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La vie jusqu’au bout du jazz : Hal Singer, Vincent Bourgeyx

Fouillant dans mes archives de l’année passée pour faire une manière de bilan et une sélection dont je reparlerai peut-être, je suis tombé sur une série de photos prises en avril, deux mille dix donc, que pour une raison inexpliquée je n’avais qu’à peine regardées. Peut-être que parce qu’en plus de cette pellicule 24×36 j’avais fait quelques portraits en format carré qui s’étaient révélés décevants… va savoir. Quoi qu’il en soit, j’y ai prêté plus grande attention cette fois… et je crois que j’ai bien fait.

Un de mes deux seuls cousins de toute la vie est pianiste de jazz. Un très, très bon pianiste de jazz. Vincent Bourgeyx vit à Paris, joue avec une partie du gratin mondial, tourne, compose, travaille, enregistre, répète, enseigne — la routine absolument pas routinière de la vie d’un musicien, en somme. Un jour d’avril dernier donc, je l’ai retrouvé à St Lazare et il m’a emmené à Chatou sur son scooter. Une petite épopée amusante, comme toujours, qui nous vit errer quelque peu entre le fou rire et la Porte Maillot, le nez au vent, le GPS en plein bug, les appareils photo en sécurité dans le coffre sous le siège…

Vincent avait rendez-vous pour une petite « session » jazz avec l’un des derniers grands jazzmen américains de Paris, le saxophoniste Hal Singer, qui vit en France depuis 1965. Ils se voient de temps en temps, bavardent et échangent des histoires, et jouent ensemble dans une petite chambre à l’étage du pavillon où le saxophoniste entrepose son instrument — toujours prêt à être joué — , un piano, et, au mur, une belle collection de visages et de souvenirs. Le fait que le vieux maître ait quatre-vingt-dix ans n’a rien à faire dans cette histoire : ce n’est quand même pas ça qui va l’empêcher de jouer! Pas plus que la différence d’âge entre les deux musiciens ne perturbe leur complicité, le plaisir qu’ils ont à jouer ensemble, et la richesse que l’un et l’autre tirent de chacune de leurs rencontres…

La bonne musique, le jazz surtout peut-être, et la jeunesse, assurément, ne connaissent aucune limite d’âge. Il y a toujours une nouvelle idée à exprimer, une mélodie à inventer, une harmonie à enrichir; c’est un travail infini, passionnant, stimulant, qui donne du sens aux vies riches et multiples de ceux qui, en plus du talent, ont le courage de s’y consacrer.

Et si la vue baisse un peu, si la main tremble un peu, l’oreille et le « métier » prennent le relais et la musique finit toujours par l’emporter.

Heureux et chanceux spectateur de ce bel échange, tâchant de me faire oublier sur le pas de la porte à moins d’un mètre des pantoufles du vieil homme, je me régalais d’un son de saxophone sculpté, arrondi, poli par sept décennies de pratique, d’un accompagnement de piano superlatif… et de la belle lumière qui baignait la pièce, adoucie par le verre de la fenêtre.

Un son de saxophone un peu cabossé tout de même, rendu fragile par l’âge vénérable du musicien bien sûr, et dans lequel il me sembla entendre des échos du Lester Young des toutes dernières heures — parce que j’avais envie de les entendre, sans doute, moi qui ne connais le bouleversant President que par ses enregistrements… Car il y a évidemment quelque chose d’extrêmement poignant dans la somme incalculable, inestimable, de jours, de nuits, de tous ces millions de bouts de vie qui ont conduit un musicien de cet âge à ce qu’il est aujourd’hui… et qui se retrouvent condensées dans une phrase de chorus, une seule note, un souffle… et qui ne tiennent plus qu’à un fil…

Combien de concerts, de séances de studio ou de radio, de « sessions », de répétitions, combien de kilomètres de ces incessantes tournées en bus de ville en ville et d’un bout à l’autre de ce pays-continent que sont les Etats Unis, pour un Hal Singer qui a traversé presque toute l’histoire du jazz et connu là-bas ses années les plus fastes?… Combien de notes soufflées dans ce bon dieu de saxophone?… Autant, plus, mille fois plus encore, que d’étoiles dans la nuit du Mid-West que la jam session traverse de part en part pour s’achever au petit matin bleu et translucide, quand la fin de l’engagement du soir fusionne avec le début de celui du matin…

Tout y était, rien ne manquait… et la clarté de l’histoire était de toute pureté. Cette vie que Hal Singer avait vécue, continuait de vivre, c’était celle que Vincent Bourgeyx vivait, continue et continuera de vivre. La même, en différent, bien sûr. Mais avec comme moteur la même envie, le même amour pour cette musique si attachante et si vivifiante, sur laquelle il faut se pencher encore et encore pour en découvrir des trésors toujours plus étincelants, ou, tout simplement, pour le plaisir de travailler en jouant.

© Loïc Seron – 19 janvier 2011 – le site :  www.loicseron.com

Le site de Vincent Bourgeyx : www.vincentbourgeyx.net


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Sardaigne encore, Bosa toujours… en noir, en blanc, en couleurs

Il y a quelques jours, j’ai retrouvé mon Leica dans la boîte à lettres, empaqueté, scotché, bien apesanteuré par quelques dizaines de petits coussins d’air. Il rentrait incognito d’un séjour de remise en forme à Paris. Comme neuf. Douze ans d’âge, pour un appareil de ce genre, c’est la prime jeunesse. Pendant tout le temps de son absence, j’ai fait de copieux travaux de commande, en numérique, en couleur (d’où mes concomitantes absences bloguesques). C’est toujours de la photo, toujours le passionnant et instructif travail de cadrage, bien évidemment, mais… comment dire le plaisir qu’il y a à faire de la photo sur pellicule?… Un plaisir qui convoque toutes les sensations. Ah, qui dira le son incomparable, sublime! , d’un déclenchement de Leica M au trentième de seconde?… J’en suis à chaque fois tout éclaboussé de bonheur… En attendant de vous déposer au milieu d’un prochain billet l’enregistrement de ce petit bruit délicat qui vient en trois temps, ti-duc-tuu,  le mieux est sans doute d’extraire des étagères virtuelles de mon disque dur quelques images bien réelles (fixées sur pellicule, donc, et numérisées sommairement) de mon dossier « Sardaigne » constitué récemment… Oui ce sera la Sardaigne encore, Bosa surtout, encore et toujours, je ne m’en lasse pas et je ne laisse d’en être subjugué par la si merveilleuse lumière… et les si merveilleux paysages alentours, marqués de la présence respectueuse et bienveillante des hommes.

Quelques ruelles, escaliers, placettes et merveilleux murs lépreux de la vieille ville…

Une vue de la maison où je louais une chambre, en 6×7 cm (scan de planche contact)…

Un tableau végétal et minéral, détail du mur d’enceinte du château millénaire qui surplombe la ville, en 6×7 aussi (scan de négatif)…

Et puis les oliviers sardes encore, si envoûtants. Ceux-ci, les premiers rencontrés, sur le chemin des vignes, le deuxième jour. Ils me frappèrent par leur harmonie tranquille, évidente, philosophique, qui donne de l’épaisseur à l’instant et l’envie de prendre le temps de les faire délicatement entrer dans l’appareil photo…

Un peu plus loin le même jour, dans le sublimissime ruissellement des clochettes d’un troupeau, cet olivier parmi les oliviers, qui prenait le soleil chaud de quinze heures et le diffusait en mille flèches de lumière…

À la sortie de la ville un autre jour, dans la lumière du soir, cette scène paisible chez le maraîcher qui annonce sur un panneau à l’entrée de son terrain, non loin de l’invraisemblable bric-à-brac qui lui sert de cabanon : « QUI SI VENDE ROBA NATURALE, POMODORI, SOTO OLIO FATI CON MALVASIA, POMODORI, SOTO SALE, CARCIOFINI, SOTO OLIO, OLIVE A BARATOLI, OLIO »… Ici l’on vend des produits naturels, tomates à l’huile (mais sott’olio indique en particulier le mode de conservation, comme sotto sale d’ailleurs) préparées avec de la Malvasia, tomates saumurées/salées/conservées dans du sel, coeurs d’artichauts à l’huile, olives en conserves, huile. [Marie, Benoît : merci pour la traduction!! Mince, maintenant que je sais tout ce qu’il propose, j’ai encore plus envie d’y retourner!…]

Une nouvelle image de l’oliveraie magique qui me subjugua tant et tant le matin de mon dernier jour à Bosa…

Un fruitier, croisé un peu plus tôt ce même matin, explosant de soleil et explosant mon cœur de joie émue…

Une partie du vignoble de la famille Columbu en fin d’après-midi, et la fameuse maison des vignes devant laquelle furent tournées les images du film Mondovino qui me donnèrent envie de venir en Sardaigne…

Un petit tour en ville et deux vues de Cagliari, chipées à l’obscurité galopante de mon dernier soir, qui donnent une petite idée de la splendeur du lieu…

… Et l’on revient au point de départ, en couleurs… Quelques unes des mêmes ruelles, des mêmes murs — et le même chat! — , avec la douceur de la pellicule couleur, tellement plus chaleureuse que la chirurgicale couleur numérique!…

Toujours les vignes Columbu, sur le sommet de la colline du lieu-dit « Fraus » de la commune de Magomadas, proche de Bosa. Vignes qui, servies par le savoir-faire et l’intelligence des Columbu dans le respect du terroir, ont produit en 2009 — en une quantité infime! — la Malvasia promue « meilleur vin d’Italie 2010 » il y a quelques semaines…

Et pour finir à Cagliari encore, cette photo qui me plaît bien, d’un chantier urbain où, là aussi mais d’une toute autre façon, fort sympathique et harmonieuse également, l’homme sculpte le paysage…

Les pavés de la ville et de la vie nous emmènent vers des chemins toujours renouvelés.

© Loïc Seron – 14 décembre 2010 – www.loicseron.com

Piacere! Quelqu’un a déposé en commentaire un lien vers des photos de la pâtisserie Turin de Briançon!…

 

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Arbres et chemins de vie

Ces temps-ci je contredis un peu l’affirmation que j’avançais encore récemment comme une espèce de mot d’ordre, de ligne de conduite inaltérable pour ma pratique photographique, et qui voulait que je ne photographie que les êtres humains… Il est vrai qu’après avoir tenté de faire « du paysage » en diapositives couleur, je m’étais rapidement orienté vers la tradition éternelle et universelle de la photo humaniste en noir et blanc, qui s’intéresse avant tout à l’être humain. Les concerts de jazz et un voyage à Cuba m’avaient fait franchir le pas et je m’étais trouvé immédiatement et irrémédiablement conquis par cet exercice passionnant, source de mille rencontres et échanges toujours instructifs, enrichissants, édifiants, qui consiste à regarder l’humanité dans les yeux par le viseur d’un appareil pour tenter de fixer sur pellicule quelque instant signifiant, harmonieux, évocateur…

Oh, il est bien difficile de laisser le parti-pris dans la sacoche quand on sort l’appareil, et on sait que le sens d’une photo vient autant de la chose (ou la personne, en l’occurrence) photographiée que du photographe et/ ou de sa façon de photographier — on a souvent dit des meilleures photos de Doisneau qu’elles étaient de superbes autoportraits… Le signifiant, l’harmonieux, l’évocateur le sont avant tout pour moi. Mais tout cela s’est fait tout seul, et on dirait bien que m’est venue par la photo une façon d’exprimer du ressenti, du vécu, de l’intime, et c’est très bien comme ça. Je regarde et photographie mes co-fouleurs de planète avec curiosité et humilité toujours, discrétion et bienveillance si possible, pudeur autant que faire se peut, tendresse enfin, ma biophilie me l’impose naturellement, semble-t-il…

[Oui, il y a dans ce bas monde les tanathophiles et les biophiles. Si celui qui a prononcé ces termes lors d’une récente séance de portraits le permet, j’associerai prochainement ses photos à ce concept (simple comme bonjour) dans un prochain article.]

Mais je m’égare. Je voulais juste mettre en ligne quelques photos d’arbres, et de chemins… Pour finir avec ce qui précède, j’ajoute que bien évidemment ce n’est pas un renoncement! Mais j’avoue que j’ai pris un plaisir immense, ces derniers temps, à photographier des sujets non-humains. Bien sûr, rien n’est plus beau qu’un paysage travaillé par l’homme (à part un paysage totalement sauvage, peut-être?…), et dans les photos qui vont suivre, l’humain n’est pas loin. Et il a fait du beau travail…

Quelques uns des plus beaux spécimens croisés « là-haut » dans les Hautes Alpes  l’été dernier…

Ou, en plus contrasté pour les visiteurs exigeants :

😉

Ces derniers moins spectaculaires mais si chers à mon cœur…

Et les chemins par lesquels on peut les trouver…

Il y a aussi quelques arbres pris en passant… pour tout dire : en attendant. En attendant que ma petite voiture passe (haut la jante!) son contrôle technique… dans la Forêt Verte, à Bois-Guillaume, au printemps dernier.

Et qu’il est difficile de photographier une lisière de forêt…

Il faut s’appeler Georges Lemoine pour bien représenter cette espace passionnant qu’est la lisière… Bon, je ne m’avoue pas vaincu, et j’y retournerai.

Pour finir et comme promis, quelques images de Sardaigne. Je vous livre tout de suite mes préférées… impossible de résister à l’envie de montrer quelques uns des oliviers croisés en octobre dernier dans la région de Bosa…

Des oliviers en début de vie, tout minces et droits et lisses, et entourés de millions de brins d’herbe pleine d’énergie…

[Oui, on peut remarquer que la première photo n’est ni du 24×36, ni du format carré 6×6… Mais quel peut bien être l’appareil extraordinaire qui produit de telles photos?…]

Et, merveille des merveilles, des oliviers en fin de vie, dans un champ à l’abandon et envahi de chardons, découvert par hasard la veille de mon départ de Bosa… Une sensation d’envoûtement, de subjugation bienfaisante à laquelle j’eus un mal fou à m’arracher…

Tiens, ça me rappelle un mot de Bertrand Blier, qui dit en substance « un bon acteur en fin de vie est un chef-d’œuvre »…  Il est vrai que toutes les analogies sont possibles avec ces photos… et nous revoici dans l’humain!…

J’ai envie de trouver un éditeur pour mes oliviers sardes, là, tout d’un coup… Quelqu’un a une idée?…

© Loïc Seron – 12 novembre 2010

Et n’oubliez pas le site, à visiter et faire connaître : www.loicseron.com

Merci pour votre attention, vos remarques, et vos encouragements!

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