Arbres et chemins de vie

Ces temps-ci je contredis un peu l’affirmation que j’avançais encore récemment comme une espèce de mot d’ordre, de ligne de conduite inaltérable pour ma pratique photographique, et qui voulait que je ne photographie que les êtres humains… Il est vrai qu’après avoir tenté de faire « du paysage » en diapositives couleur, je m’étais rapidement orienté vers la tradition éternelle et universelle de la photo humaniste en noir et blanc, qui s’intéresse avant tout à l’être humain. Les concerts de jazz et un voyage à Cuba m’avaient fait franchir le pas et je m’étais trouvé immédiatement et irrémédiablement conquis par cet exercice passionnant, source de mille rencontres et échanges toujours instructifs, enrichissants, édifiants, qui consiste à regarder l’humanité dans les yeux par le viseur d’un appareil pour tenter de fixer sur pellicule quelque instant signifiant, harmonieux, évocateur…

Oh, il est bien difficile de laisser le parti-pris dans la sacoche quand on sort l’appareil, et on sait que le sens d’une photo vient autant de la chose (ou la personne, en l’occurrence) photographiée que du photographe et/ ou de sa façon de photographier — on a souvent dit des meilleures photos de Doisneau qu’elles étaient de superbes autoportraits… Le signifiant, l’harmonieux, l’évocateur le sont avant tout pour moi. Mais tout cela s’est fait tout seul, et on dirait bien que m’est venue par la photo une façon d’exprimer du ressenti, du vécu, de l’intime, et c’est très bien comme ça. Je regarde et photographie mes co-fouleurs de planète avec curiosité et humilité toujours, discrétion et bienveillance si possible, pudeur autant que faire se peut, tendresse enfin, ma biophilie me l’impose naturellement, semble-t-il…

[Oui, il y a dans ce bas monde les tanathophiles et les biophiles. Si celui qui a prononcé ces termes lors d’une récente séance de portraits le permet, j’associerai prochainement ses photos à ce concept (simple comme bonjour) dans un prochain article.]

Mais je m’égare. Je voulais juste mettre en ligne quelques photos d’arbres, et de chemins… Pour finir avec ce qui précède, j’ajoute que bien évidemment ce n’est pas un renoncement! Mais j’avoue que j’ai pris un plaisir immense, ces derniers temps, à photographier des sujets non-humains. Bien sûr, rien n’est plus beau qu’un paysage travaillé par l’homme (à part un paysage totalement sauvage, peut-être?…), et dans les photos qui vont suivre, l’humain n’est pas loin. Et il a fait du beau travail…

Quelques uns des plus beaux spécimens croisés « là-haut » dans les Hautes Alpes  l’été dernier…

Ou, en plus contrasté pour les visiteurs exigeants :

😉

Ces derniers moins spectaculaires mais si chers à mon cœur…

Et les chemins par lesquels on peut les trouver…

Il y a aussi quelques arbres pris en passant… pour tout dire : en attendant. En attendant que ma petite voiture passe (haut la jante!) son contrôle technique… dans la Forêt Verte, à Bois-Guillaume, au printemps dernier.

Et qu’il est difficile de photographier une lisière de forêt…

Il faut s’appeler Georges Lemoine pour bien représenter cette espace passionnant qu’est la lisière… Bon, je ne m’avoue pas vaincu, et j’y retournerai.

Pour finir et comme promis, quelques images de Sardaigne. Je vous livre tout de suite mes préférées… impossible de résister à l’envie de montrer quelques uns des oliviers croisés en octobre dernier dans la région de Bosa…

Des oliviers en début de vie, tout minces et droits et lisses, et entourés de millions de brins d’herbe pleine d’énergie…

[Oui, on peut remarquer que la première photo n’est ni du 24×36, ni du format carré 6×6… Mais quel peut bien être l’appareil extraordinaire qui produit de telles photos?…]

Et, merveille des merveilles, des oliviers en fin de vie, dans un champ à l’abandon et envahi de chardons, découvert par hasard la veille de mon départ de Bosa… Une sensation d’envoûtement, de subjugation bienfaisante à laquelle j’eus un mal fou à m’arracher…

Tiens, ça me rappelle un mot de Bertrand Blier, qui dit en substance « un bon acteur en fin de vie est un chef-d’œuvre »…  Il est vrai que toutes les analogies sont possibles avec ces photos… et nous revoici dans l’humain!…

J’ai envie de trouver un éditeur pour mes oliviers sardes, là, tout d’un coup… Quelqu’un a une idée?…

© Loïc Seron – 12 novembre 2010

Et n’oubliez pas le site, à visiter et faire connaître : www.loicseron.com

Merci pour votre attention, vos remarques, et vos encouragements!

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3 commentaires pour Arbres et chemins de vie

  1. maïa dit :

    L’avant dernière est magnifique, enchanteresse…on se laisse subjuguer à notre tour.

  2. Jean dit :

    Pas assez contrasté. Les ciels sont beaux néanmoins.Les premières en noir & blanc font un peu fouillis.
    Mais la construction et l’ambiance des oliviers sardes est superbe.
    Mais avec davantage de contraste ce serait encore mieux.
    Il est vrai que sur le blog la définition peu gâter un peu le plaisir.
    Je t’envie d’avoir le temps de travailler tes photos.
    Moi je ne les ai pas encore classées.
    Bises et à bientôt
    Jean

  3. F dit :

    Voûtes d’échevelés
    Densité des frondaisons de chardons hirsuts
    Brins d’herbes et de lumières
    Qui piquent les yeux et le coeur
    Âpres forêts
    Mesmérisent le promeneur…
    …et l’admirateur au détour de ces photos…

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